Empathique, énergique, optimiste, Flore, étudiante Française aux Pays-Bas

Entretien avec Flore Salessy

Vous êtes une jeune Française aux Pays-Bas. Comment êtes-vous arrivée à La Haye ?

Flore : « Je viens du Havre, étant Normande par ma mère et Bretonne par mon père et j’habite à La Haye pour la deuxième année. J’y suis un programme de Master en Relations internationales et diplomatie de l’université de Leiden.

Après mes quatre années d’études à l’école de Commerce de Nice (EDHEC) où je suis entrée sur concours après mon bac S, j’ai souhaité partir à l’étranger et m’ouvrir aux relations internationales, tant dans les études que dans la pratique. Résultant de mes nombreuses candidatures, j’avais finalement le choix entre le Maroc (Rabat) et les Pays-Bas (Leiden/La Haye). J’ai choisi de rester en Europe, peut-être par facilité mais aussi en pensant à la reconnaissance des diplômes (l’université de Leiden est très cotée). »

Est-ce votre première expatriation ?

Flore : « J’ai fait de nombreux stages pendant mes études à Nice. Ils m’ont menée à Paris, Monaco et Berlin. Mon expérience berlinoise a été très fructueuse mais très difficile. Je parle bien l’allemand ce qui a été un grand avantage mais la charge de travail était énorme et je devais en même temps rédiger mon mémoire de MA pour Nice. Ce premier séjour à l’étranger a signifié une grande ouverture sur le monde, sur les sujets d’intérêt, stimulant mon désir de me former en relations internationales en combinaison avec mes compétences en économie, finance, comptabilité, et une ouverture sur les autres, ma timidité étant mise à rude épreuve.

Je suis arrivée à La Haye et tout de suite je me suis sentie bien dans ce pays, même si l’hiver y est plus rigoureux qu’à Nice ! »

Quelles ont été vos découvertes ?

Flore : « Ayant peu de bases théoriques en relations internationales, j’ai dû très vite trouver les codes et les sources pour me débrouiller dans le champ d’étude ; mais c’est surtout la façon de travailler qui trouble les étudiants français habitués à suivre beaucoup de cours et de travaux pratiques. Ici le travail individuel est très important et le questionnement pour la recherche essentiel. Je me suis vite adaptée et j’aime cette situation dans laquelle les étudiants ont toute leur place et sont considérés comme des partenaires à part entière dans le processus éducatif universitaire et de formation à la recherche.

Sur le plan pratique, la première chose à laquelle se heurte un étudiant inscrit dans une université néerlandaise, c’est la recherche d’un logement. Moi qui avais toujours pu habiter dans un studio individuel, j’ai dû apprendre à partager car il n’y a pas d’autre solution que la co-location et c’est difficile pour une fille de partager les sanitaires avec d’autres, garçons et filles. Quant à la nourriture, c’est bien connu, il est difficile de s’habituer au lunch à la néerlandaise … je préfère encore un déjeuner chaud au quotidien !

Je vais donc au marché de La Haye, le plus grand marché couvert des Pays-Bas et l’un des plus grands d’Europe, pour m’approvisionner en légumes et fruits, au lieu d’aller au supermarché. »

Comment vous êtes-vous engagée dans la vie néerlandaise ?

Flore : « Même si je reconnais le caractère privilégié de l’éducation que j’ai reçue, j’ai toujours essayé de travailler en même temps mes études et j’ai toujours trouvé mes stages par moi-même.

Aux Pays-Bas, j’ai donc été surveillante, pour la pause de midi, au lycée français Vincent van Gogh. J’aime tant le contact avec les enfants qui posent souvent des questions qui désarçonnent. L’an dernier, en première année de Master, j’ai fait un stage de six mois à l’ambassade de Côte d’Ivoire à La Haye. J’y ai beaucoup appris, renforcé ma connaissance de l’Afrique, sujet de mon mémoire de Master à Nice, et découvert tous les métiers d’une ambassade, renforçant mon idée de me plonger dans les relations internationales en relation avec la vie économique et les contextes financiers.

En deuxième année de Master, j’ai été retenue à l’Alliance française de La Haye pour faire un service civique (voir ce qu’est le service civique) sous la direction de sa directrice Hélène Pichon. Je m’occupe de l’organisation d’événements culturels, en particulier pour les enfants, mais je mets aussi mes compétences en comptabilité et finances au service de l’association.

Depuis mon arrivée aux Pays-Bas je m’adapte le plus possible et prends le meilleur des deux sociétés. »

Voulez-vous rester aux Pays-Bas ?

Flore : « Oui, en tout cas pour le futur proche. J’aime le plaisir de vivre que l’on ressent partout. Tout est bien organisé, les démarches citoyennes sont facilitées car simples et bien expliquées. La ville est à taille humaine – j’aime beaucoup Delft où je vais souvent travailler à la bibliothèque universitaire. Au caractère chaleureux des relations s’ajoute une occupation de l’espace qui donne beaucoup de liberté ; et que dire du plaisir de se déplacer à bicyclette, un rythme paisible pour aller travailler !

En outre les opportunités de travail après les études sont un facteur très positif.

J’apprends le néerlandais et investirai encore plus dans cet apprentissage lorsque j’aurai fini mon mémoire de Master pour l’université de Leiden. »

Quelles sont les causes qui vous passionnent ?

Flore : « La cause des enfants, laissés pour compte !

J’ai certainement été sensibilisée au sujet par ma mère, pédo-psychiatre qui me parlait des enfants en situation difficile dont elle s’occupait.

Lors de mes études à Nice, j’ai co-fondé une association « Les enfants ont la cote » pour donner accès à la culture à des enfants de quartiers défavorisés ; nous travaillions avec les centres sociaux. Puis, je suis devenue « Jeune ambassadrice pour l’UNICEF » ce qui m’a permis de poursuivre mon engagement pour la cause des enfants sous un autre angle.

Je n’ai moi-même manqué de rien et je souhaite offrir un peu de cette chance aux enfants.

Or, il se trouve que des études montrent que les enfants néerlandais seraient les enfants les plus heureux (classement UNICEF des 29 pays les plus riches) grâce à une éducation positive, l’apprentissage de l’autonomie et un cadre rassurant avec une communication ouverte ; tout ce que les parents développent chez leurs enfants leur permettant d’acquérir confiance en soi et sens de la responsabilité. Stimuler leur indépendance et leur capacité d’adaptation fait qu’ils se sentent respectés et valorisés (voir l’article).

La deuxième cause qui me tient à cœur, c’est l’idéal d’un travail responsable.

Je cherche à faire du lien entre mes compétences et à les mettre au service d’une amélioration de la société. Je souhaite avoir un impact pratique. »

Française aux Pays-Bas ?

Flore : « Lorsque je rentre en France, c’est pour voir ma famille, non pour aller en France. Je m’approprie sans cesse des éléments de la culture néerlandaise et j’aimerais me sentir Française et Néerlandaise, européenne avant tout.

Je souhaite m’adapter au maximum au pays qui m’accueille, par la langue, les rencontres, les pratiques culturelles et pour cela j’ai des activités que je partage, comme le sport. Mais il est aussi essentiel de communiquer avec d’autres francophones pour partager une certaine complicité culturelle, éducative, retrouver un même cadre de référence. La musique joue un rôle important en ce sens. »

Merci Flore pour votre témoignage qui fait preuve d’une grande maturité dans votre expérience d’étudiante. Je vous souhaite de mener de front avec succès et pour le travail et pour les études, ce que vous avez entrepris pour les prochains mois. Et pour demain, le choix d’une vie qui vous convienne et dont vous pourrez faire profiter bien d’autres qui bénéficieront de votre rayonnement.

Posted in Alliance Française La Haye, Avril, Enseignement, Entretien, Flore Salessy, Hélène Pichon, La Haye, Relations internationales, Service civique, UNICEF, Université de Leiden.

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