La 25e édition du Concours international Van Wassenaer, Festival Oude Muziek Utrecht, 4 septembre 2026
Cette année, c’est la Nicolaïkerk dont le carillon compte aujourd’hui 43 cloches, une des quatre églises paroissiales médiévales d’Utrecht (pour en savoir plus sur l’histoire de l’église) qui a accueilli les musiciens, participants avec leurs ensembles au plus ancien Concours de musique ancienne des Pays-Bas, le Concours international Van Wassenaer, créé en 1985. Le Concours du nom du compositeur et diplomate du XVIIIe siècle Unico Willem, Comte de Wassenaer, est un podium pour les jeunes talents spécialisés en musique baroque, « l’ère du basso-continuo ». Si la famille Van Wassenaer est toujours active dans la Fondation qui le gère, le Concours est organisé, chaque année depuis 2019, dans le cadre du Festival Oude Muziek Utrecht (pour en savoir plus sur le Concours Van Wassenaer).
Dix ensembles ont joué en demi-finale, le mercredi 2 septembre 2026, dans une église pleine et en présence de membres de la famille Van Wassenaer, et trois ensembles dont deux composés de musiciens ayant fait leurs études à Lyon, ont été sélectionnés pour la finale, vendredi 4 septembre : La Capriola, InterLineas et Matica de Flor.
Les trois ensembles ont joué des programmes variés de pièces italiennes, françaises, espagnoles. Certaines sont anonymes, d’autres relèvent du répertoire traditionnel sépharade et de compositeurs espagnols, Pedro de Escobar, Jacobus de Milarte, pour l’ensemble de quatre musiciens français Matica de Flor.
De nombreuses pièces choisies par les deux autres ensembles sont composées en Italie, par le flamand Adrian Willaert, maître de chapelle de Saint-Marc de Venise de 1527 à sa mort en 1562 et les Italiens Cipriano de Rore, Giovanni Croce, Francesco Patavino pour La Capriola, par l’Italienne de Vénétie Maddalena Casulana, première compositrice qui publie de la musique (madrigaux) à son nom à partir de 1566 et Luca Marenzio pour InterLineas. Ce dernier, ensemble vocal polyphonique composé de cinq musiciens originaires de cinq pays différents (Allemagne, Argentine, France, Italie, Mexique) a alterné compositeurs italiens et français de la fin du XVe et du XVIe siècle (Séverin Cornet, Jacques Arcadelt et Josquin Desprez), ou franco-flamand (Andreas Pevernage).
Les instruments anciens, alto, viole de gambe et vièle, luth et guitare baroque mais aussi percussion et flûtes (flûte à bec et bansuri) accompagnaient magnifiquement les voix des cinq musiciens de La Capriola (Allemand, Américaine, Française et Français ayant fait leurs études à Lyon) et des quatre de Matica de Flor, tandis que les quatre de InterLineas chantent a cappella.
La Capriola a obtenu le Premier Prix du Concours attribué par le jury de cinq experts sous la présidence de Krijn Koetsveld, jury qui cette année, comprend seulement une femme, Saskia Coolen.
InterLineas a reçu le troisième Prix.
Matica de Flor (voir) est lauréat du deuxième Prix du Concours international Van Wassenaer, mais aussi du Prix décerné par le Festival Oude Muziek Utrecht qui leur permettra de faire une tournée ou de jouer pendant le Festival. Matica de Flor se voit aussi attribuer le Prix du Public.
On se souviendra des voix françaises, celle de la soprane Camille Fritsch (La Capriola) – sa couleur et ses ornements, du timbre de la mezzosoprane Ariane Le Fournis (Matica de Flor), et du ténor Raphaël Joanne (InterLineas).
Les gambistes Dorine Lepeltier-Kovàcs (La Capriola) et Juliette Guichard (Matica de Flor) dialoguent avec les voix et les flûtes de Emma Crumpton ont vibré avec fougue, dans le répertoire sépharade.
L’« homme-orchestre », joueur de luth et de guitare baroque mais aussi de théorbe, le Français Martin Billé, formé au C.N.S.M.D de Lyon, se trouve recevoir toutes les distinctions car il est membre de l’ensemble La Capriola et de l’ensemble Matica de Flor, Premier et Deuxième Prix du Concours, Prix du Festival Oude Muziek Utrecht et Prix du Public !
Merci à ces jeunes talents de nous faire partager leur passion, nous ayant fait voyager à travers une variété de pièces de musique médiévale et du temps de la Renaissance. Et bravo au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon où ont été formés les membres français et étrangers de deux des ensembles lauréats.
Enthousiasmant !
Nous leur souhaitons le succès qu’ils méritent.
